La voix était brisée.
Comme si chaque mot était arraché par les larmes et la peur.
Peut-être une image d'enfant et le texte « Dangereux Serpent Dangereux Enclos_ Serpent ».
Claire Johnson avait répondu à des milliers d'appels à Springfield, dans l'Illinois.
Mais ce soir-là, il sent quelque chose de différent.
Ce n'était pas le volume.
Ni même les larmes.
C'était la façon dont la fillette semblait doser ses chuchotements, comme si quelqu'un l'écoutait de l'autre côté du mur.
— 911, quelle est votre urgence ?
Silence.
Un bref soupir.
Une phrase qui, un instant, semble enfantine.
— Le… son… de papa… est si gros… que ça fait mal.
Claire bloqua, se forçant à se lever d'un lien.
L'image la plus évidente lui vint à l'esprit.
Un terrarium.
Un reptile s'est échappé.
Une morsure.
Une fillette aérée, la main lui faisant atrocement mal au pied.
Mais ce n'était pas « il m'est arrivé quelque chose ».
C'était « c'est ce qui m'arrive ».
Et ça a tout changé.
Claire baissa la voix jusqu'à ce qu'elle devienne presque une berceuse.
—Hé, dis-moi ton nom.
Le micro capta un crépitement.
Comme une vieille échelle.
Puis, le nom sortit comme un fil.
—Emily.
—Emily, tu es libre maintenant ?
Sa respiration s'accéléra.
—Non… il est à la maison.
On pouvait voir une image d'enfants, un téléphone et un message : « Enclos à serpents dangereux Danger Enclos à serpents Danger MAMAN ».
Claire ressentit une sourde sensation d'adrénaline.
Son écran était déjà ouvert.
Sa main avait déjà quitté le clavier.
Mais je devais ancrer Emily à quelque chose de simple.
Un endroit.
Une action.
—Emily, je veux que tu m'écoutes attentivement, d'accord ?
—Oui…
—Où es-tu en ce moment ?
Sur une marche.
Autre.
Comme si quelqu'un marchait lentement, intentionnellement.
Emily retint son souffle.
—Papa a dit… de ne pas te parler.
La peur ne ressemblait pas à une taupinière.
Elle ressemblait plutôt à une trahison.
Comme un rôle répété tant de fois qu'il faisait déjà partie d'elle.
Claire regarda l'adresse que le système complétait.